De la beauté de l'imparfait du subjonctif...
Par Schnouki le lundi 15 janvier 2007, 02:24 - Un brin de culture - Lien permanent
La langue française est merveilleuse. Simple moyen de communiquer pour le commun des mortels, ou tout du moins des francophones, elle devient musique et poésie pour ceux qui la maîtrisent parfaitement. Ceux-ci sont hélas de plus en plus rares, et avec eux disparaissent progressivement quelques-uns de ses aspects les plus magnifiques.
Parmi ceux-ci, certains comptent le passé simple et l'imparfait du subjonctif. Bien que le passé simple soit encore assez utilisé dans la langue écrite, il a d'ores et déjà presque disparue de la langue orale. Quant au subjonctif imparfait, il est rarissime à l'écrit et inexistant à l'oral — sauf, parfois, dans un but humoristique. [1]
Pourtant il est magnifique, ce subjonctif imparfait ! J'eus aimé que l'on me l'enseignât à l'école, mais je doute fort que beaucoup de professeurs en eussent été capables... Si bien qu'aujourd'hui, pour écrire ces quelques lignes, je dus consulter plusieurs articles de Wikipédia... [2]
Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsque je vis dans Google Reader que le groupe « eBooks libres et gratuits » [3] avait publié un eBook intitulé Le Bar du Subjonctif !
Il s'agit d'un livre écrit par Alain Bouissière qui, il y a une dizaine d'années de cela, fonda dans son village du Périgord une association nommée CO.R.U.P.S.I.S.. C'est cette histoire qu'il raconte ici : celle de son association, de sa lutte pour la réhabilitation de ce temps et de ce mode qui tombent trop dans l'oubli. C'est bien écrit, c'est plaisant à lire, et c'est passionnant...
Si vous eûtes également aimé que l'on utilisât plus couramment ces formes si plaisamment désuettes dans la langue de tous les jours, plutôt que les termes bâtards relevant du SMS ou du franglais, je ne saurais assez vous conseiller de lire Le Bar du Subjonctif, téléchargeable gratuitement sur « eBooks libres et gratuits ».
Notes
[1] les fans de sagas en MP3 style Naheulbeuk se régaleront de l'écoute des Reflets d'Acide... Une pure merveille de langue française ! Et le clerc Trichelieu nous démontre sa parfaite maîtrise du subjonctif imparfait au cours de l'épisode 9 lorsqu'il cherche à résoudre une énigme : « on cherche à le suivre mais on ne peut pas la teindre ? Encore eut-il fallu que nous sussions son sexe... ». La suite, dans le texte de l'épisode, se résume à un énorme « SBAAAF » de la part du groupe qui veut lui imposer le silence. Eh oui, telle est la vie Trichelieu, le clerc obscur...
[2] je n'ai découvert Le Conjugueur que quelques temps après, hélas...
[3] « libres » au sens de « libres de droits », c'est-à-dire tombés dans le domaine public
Déconnecté
Commentaires
Wouhaou ! voilà un gars qui sait bien parler le français !!
Le français se perd, mes amis !! Par exemple, le prof d'espagnol a sorti : "l'espagnol est une langue plus riche que le français, il y a plusieurs façons de dire un mot..."
Réponse d'un élève : "ouais mais m'sieur, en français aussi ya des nuances mais personne ne les utilise..."
En tout cas ça fait du bien aux yeux de lire du français correct quoique peu usité
Sinon pour la réhabilitation de l'imparfait du subjonctif, voyant comment les camarades de mon bien-aimé frère communiquent entre eux ("oué l'aut' hé ! tu m'cherches ?" au lieu de dire "Selon ma façon de penser, votre regard me signifie que quelque chose vous moleste... S'il s'agit de ma personne, puis-je vous demander aimablement de me laisser vaquer à mes préoccupations sans quoi vous vous risquez de vous heurter à une solide résistance ?") (mouaff trop long à dire LOL), je crains fort que l'imparfait du subjonctif, malgré toute sa splendeur et sa beauté, va rester dans l'ombre dans laquelle il a été mis...(ou mise ? j'ai un doute là O_o)
Diantre ! vous faites bien peu de cas du passé surcomposé, temps bien utilisé encore par Voltaire et nullement une forme abâtardie du français comme d'aucun le veulent faire croire. J'ai eu utilisé quelques paléologismes (terme étant lui-même un néologisme), tel que "hui" par le passé.
Je terminerai par un lien « publicitaire » sur les vingt-huit (oui, madame !) temps du français : http://blog.empyree.org/post/2484
et le mot de la fin sera pour Jean Cocteau et un humoriste belge :
« Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif, et son futur est toujours conditionnel. » (Jean Cocteau)
« Le passé simple est un présent pour les amours dont le futur n’est plus là qu’à titre indicatif. » (Bruno Coppens).
À vous relire !
Après écoute du premier et de la moitié du second épisode de reflets d’acide : les blagues les plus courtes sont les meilleures. Cette saga mp3 est lourde. Pas la lourdeur crade et volontaire, mais la simple lourdeur du jeu répété jusqu'à plus soif, sans même le rythme.
Bref, décevant, mais écoutez quand même le premier épisode pour vous faire une idée par vous-même.
Encore eût-il fallu écouter davantage car l'auteur de cette aventure explique de lui-même son envie de refaire les premiers épisodes, lesquels ne sont pas du tout à la hauteur des derniers. Et en effet, l'embellissement commence autour du 6 : écoutez-en le début et vous serez conquis !
Justement, l’auteur disait avoir déjà refait le premier épisode.
Mais il n'en apprécie toujours pas la teneur ! l'auteur souligne d'ailleurs son approche dans les commentaires de présentation des épisodes. L'embellie arrive sur le 4 et à partir du 6, que de bons mots !
Bonjour,
c'est sympa de parler du subjonctif imparfait, c'est juste dommage que vous ne sachiez pas l'utiliser ...
"J'eus aimé que l'on me l'enseignât à l'école" : non pas "j'eus", mais "j'eusse" !!!!!
"Si vous eûtes également aimé " : non pas "eûtes" (c'est du passé simple !) mais "si vous eussiez" !!! Alors avant de stigmatiser les "termes bâtards relevant du franglais" et de donner des leçons à tout le monde, commencez par revoir vos conjugaisons
Je n'essaye pas de donner des leçons, bien au contraire, je dis juste qu'il faudrait que nous connaissions mieux notre propre langue ; et la façon dont vous venez de me corriger montre bien que c'est nécessaire. Merci pour vos éclaircissements !
C'est pas du plus-que-parfait du subjonctif ça ?
L'imparfait n'aurait-il pas plutôt voulu que tu te fisses reprendre ?